Une étude [1] de l’Institut de veille sanitaire, publiée dans le Lancet, présente la transmission du VIH chez les homosexuels masculins en France comme étant « hors de contrôle ». Warning déplore cette situation attribuable aux décisionnaires politiques qui tardent à mettre en œuvre et financer les stratégies de prévention efficaces de réduction des risques sexuels. Ceci, deux ans après les déclarations du Pr. Bernard Hirschel, un an après l’aval du Conseil National du Sida, six mois après les recommandations du rapport Lert-Pialoux.

Pourtant, ces stratégies ont fait leurs preuves. Nous savons qu’un traitement anti-VIH efficace réduit les risques de transmission sexuelle, c’est aussi le cas pour les pratiques de séroadaptation. Ces stratégies dépendent d’un meilleur accès au dépistage et sa généralisation, et d’interventions structurelles pour réduire la sérophobie dans la communauté pour favoriser la négociation entre les partenaires. Le tout, jumelé à la promotion de l’utilisation du préservatif, constituent une approche concertée de prévention qui rejoindra plus de gays. D’ailleurs, Warning s’étonne que la ministre n’ait toujours pas initié de débat sérieux sur la vente libre d’autotests en pharmacie.

Warning regrette qu’aucune campagne de prévention à l’attention des homosexuels masculins n’ait intégré ces nouveaux outils de prévention et interpelle Mme la Ministre de la Santé pour que soit mise en œuvre de façon urgente une campagne d’information sur ce thème.

Nous questionnons aussi la réaction des médias et le qualificatif « hors de contrôle ». Certes, la situation est critique, mais les gays ne font pas non plus n’importe quoi. Rappelons-le, ils utilisent nettement plus le préservatif que les hétérosexuels. En épidémiologie, une incidence de 1% est révélatrice d’une épidémie qui risque de s’aggraver. Cependant, l’étude de l’InVS, dit que l’incidence chez les gais entre 2003 et 2008 est demeurée stable, mais à un niveau élevé. Il faut aussi rappeler que le poids des mots a des répercussions sociales dangereuses en termes de stigmatisation.

La majorité des gays ont recours à une ou plusieurs stratégies de prévention. Il faut continuer dans ce sens, reconnaître que l’inaction n’est plus une option et travailler ensemble pour donner aux personnes tous les outils nécessaires pour une prise en charge efficace de leur santé sexuelle.


Commentaires

mardi 14 septembre 2010 à 11h23

Pourrais vous m’expliquer pourquoi un homosexuel prendrait davantage une tri-thérapie plutôt que de mettre un préso ??? je trouve cette nouvelle approche de la prévention assez inexplicable.ça serait rabaisser le niveau intellectuel de votre communauté ….
Nicole

 

samedi 2 octobre 2010 à 03h14 – par  zonok

Nicole. J’essaie de répondre à ton interrogation.

« pourquoi un homosexuel prendrait davantage une tri-thérapie plutôt que de mettre un préso ? »

Bien que le TasP soit considéré comme outil de prévention complémentaire du préservatif, il peut également être envisagé comme outil de prévention alternatif. Notamment chez les couples hétéros séro-différents qui veulent avoir des enfants par coït naturel.

Mais puisque ta question concerne les homos, ce n’est pas la désir d’enfant qui motive l’alternative préso vs TasP, mais davantage la recherche de plaisir.

En effet, la prise d’un traitement ou bien l’usage de préservatifs présentent chacun des avantages et des désagréments.

Le traitement est un mode de prévention, mais il impose des contraintes au quotidien sur le long terme.

La capote est un autre mode de prévention, mais pour certains, elle restreint la jouissance sexuelle de manière plus ou moins supportable dans la durée d’une vie.

Donc, les gays (ou les non gays), raisonnent simplement et font un choix adulte, entre recherche de plaisir et moindre contrainte. Moyennant différents modèles pouvant générer des conflits psychiques, de la dissonance cognitive, diront d’autres.

Hypothèse 1 = Je suis séropositif.

1/a : Soit je supporte les contraintes d’une trithérapie, mais grâce à ça j’ai une sexualité débarrassée de la capote, et donc bien plus heureuse.

1/b : Soit je supporte les contraintes de la capote en terme de sexualité restreinte, mais j’ai le confort de vie de me passer (pendant quelques années seulement), d’un traitement lourd.

Hypothèse 2 = Je suis séronégatif.

2/a : Je supporte que mon partenaire séropo prenne sa trithérapie pour me protéger. Là c’est tout bénéfice pour moi, car on baise sans capote et c’est pas moi qui avale les médocs, c’est lui.

2/b : On met la capote pour me protéger, et mon partenaire et moi-même supportons à deux notre sexualité moins épanouie.

Tu vois, tous les cas sont possibles, et chacun, chaque couple, pourra s’orienter selon son propre équilibre dans ses choix de vie. Pourvu que l’information existe et bien sûr, que d’un point de vue éthique, ni le TasP ni la capote, ne s’imposent comme des prescriptions autoritaires, stigmatisantes ou punitives.