Communiqué de presse du 22 mars 2013

Warning demande depuis 2008 la légalisation des autotests du VIH [1]. En mars 2012, notre association a ouvert le seul site internet exhaustif en France d’information sur les autotests. Warning a interpelé madame la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, lors de la Conférence mondiale sur le VIH à Washington en juillet dernier [2]. La ministre avait saisi alors le Conseil national du sida « sur les problèmes posés par la commercialisation d’autotest de dépistage de l’infection à VIH ».

Nous saluons donc le travail du Conseil National du Sida (CNS) qui a présenté ce 22 mars 2013, un avis en faveur de la mise à disposition des autotests de dépistage du VIH en France. Cet avis recommande que ces autotests soient disponibles en complément de l’offre actuelle de dépistage. L’accès à ce nouvel outil doit être diversifié et adapté aux besoins de chacun, c’est pourquoi le CNS prône leur vente en pharmacie, parapharmacie et sur internet. Le CNS préconise également que ces autotests soient mis à disposition par des associations, médecins, etc., se fondant sur la mise en place des TROD.

Au vu de l’urgence sanitaire, avec un nombre de contaminations à un haut niveau qui ne diminue pas chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, Warning demande à la ministre de prendre rapidement les mesures réglementaires nécessaires à la mise à disposition d’autotests.

Pour Warning cette mise à disposition est aussi une avancée en matière de santé individuelle dans la mesure où elle répond enfin au souhait des personnes qui estiment que la connaissance de leur statut sérologique relève de leur seule vie intime.

Warning tient à souligner néanmoins que dans la stratégie de diffusion proposée par le CNS, la mise à disposition via des distributeurs automatiques, à l’instar des distributeurs de préservatifs, n’est pas évoquée. Or, comme internet, ceux-ci représentent une possibilité d’accès pour ceux « qui souhaitent une forte discrétion »[3]. Warning demande à la ministre d’étudier cette possibilité qui serait complémentaire et additionnelle.

Warning demande également à la ministre d’être vigilante à la situation de précarité financière de certain(e)s utilisateurs(trices) et à ce que des mécanismes de gratuité soient mis en place, par la distribution via des associations, notamment celles œuvrant au dépistage communautaire, en prévoyant leur financement, et par la création d’un mécanisme de remboursement.

Pour que l’introduction et la diffusion des autotests apportent un bénéfice individuel et collectif significatif, il faut lancer une campagne nationale à même de contrer la peur de la séropositivité et la sérophobie, freins majeurs au dépistage. Cette campagne devra donc insister sur la réalité du vécu de la séropositivité en 2013. En effet, dépistée au VIH, toute personne peut bénéficier d’un suivi médical adéquat et si besoin d’un traitement qui permet de ne plus transmettre le virus et de vivre une vie normale.

S’informer, comprendre et discuter l’intérêt des autotests VIH, c’est sur www.autotestvih.info

Warning est une association en santé communautaire présente en France, en Belgique et au Québec. Lancé fin 2003, Warning élabore de nouvelles pistes de réflexion sur le rapport des hommes gais à leur santé corporelle et mentale et qui prennent en compte les transformations des modes de vie LGBT dans les sociétés occidentales.

[1] http://www.thewarning.info/spip.php…
[2] http://www.thewarning.info/spip.php…
[3] Avis sur les autotests de dépistage de l’infection à VIH, Conseil National du Sida, adopté le 20 décembre 2012