Madame la Ministre,

Il aura donc suffi d’un zap d’Act Up-Paris contre l’INPES, le 10 juillet 2009, pour que la directrice de cet institut, madame Thanh Le Luong, convoque dans l’urgence, un 30 juillet, alors que pratiquement tout le monde est en vacances, une réunion du « groupe d’experts homo » de l’INPES. Qui plus est, madame Thanh Le Luong fait connaître cette réunion lors d’une interview en date du 18 juillet 2009, sur le site web du magazine « Têtu », dont la proximité avec Act Up-Paris est bien connue.

Pourtant, nous n’avons à ce jour reçu aucune réponse de madame Thanh Le Luong suite à notre communiqué de presse quant à la situation du Syndicat National des Entreprises Gaies (SNEG). Nous nous adressons donc à vous.

Est-il acceptable, madame la ministre, qu’un syndicat patronal, le SNEG, qui n’est pas neutre dans sa conception de la prévention, soit prestataire de service de l’INPES, reçoive de l’INPES des subventions pour financer ses campagnes de prévention et siège au « groupe d’experts prévention homo » pour y influencer la politique de l’INPES ?

Comment se fait-il que ce soit le contribuable qui finance la fabrication de distributeurs de préservatifs destinés à être installés dans des établissements commerciaux privés alors que cela devrait être pris en charge de façon obligatoire par ces établissements ?

Bien que madame Thanh Le Luong affirme qu’elle est prête à « recevoir toutes les associations », notre association n’a pas reçu à ce jour d’invitation.

Comment se fait-il que le SNEG et Act Up-Paris qui ont publiquement fait connaître leur opposition ou leurs réticences vis-à-vis du récent avis du Conseil National du Sida reçoivent un tel accueil de la part de l’INPES alors que notre association, qui soutient l’avis du CNS ne soit même pas invitée ?

L’INPES ne devrait-il pas, en tant qu’organisme d’Etat observer la plus stricte impartialité ?

En conséquence, nous demandons,

  • que la réunion du comité d’experts homo soit reportée à une date raisonnable, c’est-à-dire à la rentrée de septembre,
  • qu’aucune réunion de ce comité ne soit tenue avant que ne soient apportées des réponses aux questions posées sur la situation du SNEG,
  • que la composition de ce comité soit changée, afin que puissent y siéger et s’exprimer les représentants d’une politique renouvelée de prévention telle qu’elle est voulue aujourd’hui par le Conseil National du Sida, Warning, le Comité des familles et Aides,
  • que la question centrale des implications de l’avis du Conseil National du Sida sur la prévention soit mise à l’ordre du jour de cette réunion,

Nous vous prions de croire, Madame la ministre, en la détermination de notre association à porter la voix des personnes homosexuelles et des personnes séropositives qui en ont plus qu’assez de la chape de plomb imposée par la politique actuelle de prévention.