Une définition queer et provocatrice de post-bareback serait que le rectum n’est plus une tombe. Idéologiquement, le post-bareback correspond au refus de toute injonction normative : que ce soit celle du tout-préservatif (et donc de la stigmatisation concomitante du sexe sans préservatif et de ses adeptes), celle du traitement obligatoire ou celle de l’aveu de séropositivité (criminalisation).

Le premier aspect – sémantique – de la pensée post-bareback était donc de proscrire tous les mots qui déforment la réalité et orientent alors la perception que l’on se fait des individus concernés vers un jugement moral. Le moralisme n’a pas sa place en prévention, en santé publique et dans les sciences sociales. « Bareback », « rapports sexuels non-protégés » ou pire « sexe à risque » sont des termes méthodologiquement inopérants, socialement stigmatisant, médicalement inexacts, et politiquement moralistes.

Le deuxième aspect – médical – vise à rétablir la réalité épidémiologique contre l’amalgame VIH/IST, mais aussi contre la panique irrationnelle autour du danger des surcontaminations qui n’ont pas été le danger mortel massif que l’on théorisait avant l’arrivée des trithérapies hautement efficaces.

3 textes qui ont forgé et fait évolué notre concept :

 

Sébastien Barraud