Comme le « black is beautiful » ou le « proud to be gay », la sérofierté est un empowerment concret vis-à-vis de la séropositivité, dans la mesure où l’on en fait une lecture politique et non pas au 1er degré : il ne s’agit pas d’être fier de vivre avec ou sans le VIH, mais de ne plus avoir honte d’être séropositif !

En offrant un regard positif de la condition séropo, la sérofierté était d’abord une réponse progressiste et sans concession pour les gais : pour en finir avec leurs propres divisions à propos du bareback. Elle reste aujourd’hui une réplique pour toutes les minorités séropositives et leurs alliés qui n’acceptent plus les inégalités, les exclusions, les stigmatisations et la criminalisation. Mais elle doit rester un choix individuel, éclairé et consenti, établissant une force collective qui retourne le « stigmate » de la séropositivité en emblème de reconnaissance, de respect et d’égalité.

Sébastien Barraud