Révélée pour la première fois dans les années 1932, la maladie de Crohn s’avère dangereuse et incurable. Elle doit son nom au chirurgien américain D’ Burril B. Crohn. Il fut le premier à l’expliquer valablement comme un mal entrant dans la famille des maladies inflammatoires qui s’attaque à l’intestin. Elle est particulièrement dangereuse et peut causer des complications mortelles. Eu égard au nombre de personnes qu’elle touche dans le monde (50 personnes par 100 000 de populations dans les pays industrialisés ; 319 pour 100 000 au Canada, etc.) plusieurs chercheurs ont longtemps cherché un remède pour l’éradiquer entièrement et de façon efficace, mais jusqu’à présent le malade de Crohn ne peut qu’être apaisé. Véritable Fléau, cette maladie est liée à bon nombre d’aspects du dysfonctionnement du système digestif.

Maladie de Crohn : les symptômes

Souvent confondue à la colite ulcéreuse qui ne s’attaque qu’à une portion fixée au niveau du rectum et du colon, la maladie de Crohn touche une grande partie du tube digestif.

Le dispositif du tube reliant la bouche à l’anus donne un itinéraire à la maladie pour lui permettre d’atteindre la bouche jusqu’aux intestins tout en laissant des endroits sains dans la plupart des cas. Il est parfois difficile de séparer ces deux pathologies de manière distincte, mais les symptômes peuvent aider.

De manière générale, c’est une maladie à inflammation chronique du tube digestif humain. Lorsqu’elle est avancée, elle provoque des crises et des moments de répit. La caractéristique principale regroupe des crises de douleurs abdominales et des maladies diarrhéiques de longue durée (plusieurs semaines voire des mois). Par ailleurs, on peut noter la fatigue générale, l’amaigrissement, le manque d’appétit qui peuvent survenir dans la mesure où la maladie n’a pas été rapidement traitée.  De même, on rencontre parfois des symptômes extra digestifs qui touchent la peau, les yeux et/ou les articulations.

 Par ailleurs, il y a d’autres symptômes non négligeables tels que :

  • L’apparition du sang dans les selles en grande quantité : lorsque vous faites cette remarque, ça peut être effrayant. D’une manière ou d’une autre, quelle que soit la façon (dans les selles ou les papiers toilettes), c’est un symptôme qui révèle d’une gravité. C’est le signe d’un saignement dans un endroit de votre tube digestif. La quantité peut être moindre et échapper à l’œil visible.
  • Une bave dans les selles : il s’agit d’un mucus ayant les mêmes aspects qu’un blanc d’œuf. Elle peut apparaitre régulièrement pendant une période plus ou moins longue.
  • Des nausées et des vomissements: ces deux choses sont liées un peu plus souvent bien qu’on puisse avoir des nausées sans vomir et vice versa. Le dysfonctionnement du système digestif occasionne des contractions obligeant ainsi l’estomac à expulser son contenu à travers la bouche.
  • Une fièvre bénigne (38 à 40 degrés Celsius) : elle se manifeste par un rhume ou une grippe. Il faut surtout contrôler le degré de la fièvre pour être sûr qu’il ne s’agit pas d’une autre maladie.
  • Des douleurs aux articulations: plusieurs raisons peuvent être à l’origine de cela, mais elles se remarquent un peu plus souvent en cas d’inflammation. Il faut donc consulter un médecin pour confirmer ou infirmer qu’il s’agit bel et bien de la maladie de Crohn.

La maladie de Crohn : les causes

La maladie de Crohn est le résultat d’une inflammation sévère des entités et des coins profonds du tube digestif. En évoluant, cette inflammation occasionne des plaies et épaissie les parties du tube. On pourrait tenter un tant soit peu de déterminer les raisons de ce mal, mais sans exactitude, car elles ne sont pas toujours connues. Elles sont en grand nombre et impliquent des principes génétiques ; auto-immuns ainsi qu’environnementaux.

  • Principes génétiques: les docteurs sont unanimes sur le fait que la maladie de Crohn ne soit génétique. Cependant, des gènes peuvent générer des risques de contractions. Au cours des années récentes, les chercheurs ont prouvé qu’un gène serait susceptible d’en être l’une des causes. Il s’agit du gène responsable du système immunitaire organique. Même s’il faut rappeler qu’il est juste un intermédiaire et qu’il faut de la complémentarité avec d’autres facteurs pour que la maladie intervienne. En effet, le mode de vie et l’environnement combinés avec le principe génétique peuvent entrainer la maladie.
  • Principes auto-immuns: la réaction immunitaire de façon extrême contre les dangers extra corporels pourrait être une cause de la maladie de Crohn. Sur ce plan, elle est semblable à la colite ulcéreuse avec les mêmes caractéristiques.
  • Les paramètres liés à l’environnement: une étude a révélé que le taux de la maladie de Crohn est très élevé dans les pays les plus industrialisés de la planète et ceci chaque année depuis 1950. Cela laisse entrevoir des hypothèses selon lesquelles des aspects environnementaux apparemment associés à la manière de vivre, les règles d’hygiène, coutumes et traditions occidentales auraient une emprise particulièrement importante sur les risques de contractions de la maladie.

À prendre avec des pincettes, car jusque-là aucun facteur scientifique n’a confirmé avec certitude cet état de choses. Pour le moment juste des rapprochements attestent de cette réalité intrinsèque. On peut énumérer que le fait qu’ils soient tout le temps exposés aux antibiotiques, la consommation du tabac ; la sédentarisation trop poussée représente un risque.

Une autre hypothèse élaborée à cet effet est que l’alimentation contenant trop de mauvais gras notamment la viande ou les sucres peuvent augmenter les risques. Le stress peut également favorise les crises liées à la maladie. Mais il n’en demeure pas moins que toutes ces suppositions restent à confirmer.

  • Virus ou bactéries: les virus ou les bactéries (salmonella ; campylobacter) jouent un rôle principal dans l’inflammation du tube digestif et par conséquent le déclenchement de la maladie. Mise à part cette hypothèse (infection par un microbe ou virus), lorsque la flore de l’intestin n’est pas équilibrée cela peut occasionner la maladie de Crohn.

En outre, la détérioration du système immunitaire dû à l’appendicectomie, le contact des enfants de moins d’un an avec les animaux, la gastroentérite, les infections respiratoires peuvent également être cités parmi les causes.

Comment évolue la maladie de Crohn ?

La maladie de Crohn est une maladie chronique qui s’attaque à l’homme et peut être présente chez lui durant toute sa vie.

Dans la plupart des cas, le mal suit son cours en dent-de-scie et ceci pendant des mois. 10 à 20 % des patients souffrant de la maladie ont des périodes de rémission. Il arrive qu’ils vivent normalement puis surviennent les crises de façon successives et imprévisibles. La douleur varie d’un moment à l’autre. Elle peut être intense au point de produire chez le malade l’impossibilité de se nourrir, les hémorragies, les diarrhées, etc. Dans ces conditions, il faut vite consulter le médecin, car les conséquences sont énormes et peuvent être graves.

Les conséquences de la maladie de Crohn

La maladie de Crohn dans sa phase avancée peut engendrer plusieurs sortes de dégâts à l’organisme. Toutefois, il faut signaler que les complications varient en grande partie d’un malade à un autre.

  • Puisqu’il s’agit d’une inflammation, elle peut devenir dangereuse dans le cas où survient un épaississement de la paroi du tube digestif. Par la suite, cela peut entrainer le blocage d’une partie ou de la totalité dudit tube. Une conséquence immédiate est le ballonnement du ventre, la constipation, des vomissements d’excrément. Dans ces cas, faites-vous hospitaliser de manière urgente sinon une imminente perforation intestinale s’annonce.
  • Il peut survenir aussi des ulcères dans les sites du tube digestif, des plaies entourant l’anus, des fistules ou des abcès.
  • Les hémorragies du tube digestif : ce n’est pas fréquent, mais elles sont souvent dangereuses.
  • Le risque de contracter le cancer du côlon devient plausible lorsqu’on souffre de la maladie de Crohn surtout lorsque cette dernière perdure des années. Même un traitement ne peut enlever complètement des doutes par rapport à cette conséquence. Pour réduire ces risques, il faut faire un dépistage dès que vous sentez les tout premiers brins de symptômes de la maladie de Crohn.
  • Le manque d’appétit répétitif: un malade mange généralement moins qu’une personne en bonne santé. La dénutrition est encore plus poussée lorsqu’il s’agit de la maladie de Crohn vue qu’elle touche l’appareil qui s’occupe de cette tâche (alimentation). Les douleurs de plus en plus vives ne permettent pas une envie de se nourrir. De plus, le processus digestif échoue dans son travail qui est l’absorption des aliments. De façon médicale, on parle de malabsorption.
  • Le ralentissement de la croissance des enfants : l’alimentation étant étroitement liée au phénomène de croissance de l’être humain, lorsque l’appareil responsable de cette tâche est touché tout le reste du processus est forcément touché. Un enfant qui a des difficultés à bien se nourrir ne peut s’accroitre rapidement.
  • L’anémie. Le fait que la maladie de Crohn se manifeste par un saignement du tube digestif peut conduire de façon conséquente à une réduction des globules rouges, véritable responsable du transfert de l’oxygène vers le sang. Cette forme d’anémie se nomme Elle n’est visible qu’au microscope.
  • Une femme enceinte peut perdre rapidement son bébé lorsqu’elle souffre de la maladie de Crohn. À un stade avancé, elle entraine des complications dans la croissance du fœtus. Il est donc important de penser au traitement très tôt afin d’éradiquer les risques d’avortement spontané.

La maladie de Crohn : quel traitement ?

Le traitement de cette maladie existe sous plusieurs ordres. Cela concerne les antibiotiques, la chirurgie, le complément alimentaire et parfois l’association des trois.

La maladie est traitée dans le but de mieux dominer l’inflammation, de régler les problèmes de carences nutritionnelles et d’apaiser les douleurs de l’abdomen, la diarrhée, le saignement du rectum, etc. Le traitement se fait en respectant la localisation de la maladie, son évolution et les complications qui en découlent :

  • Traitement avec des médicaments: la majeure partie des malades sont traités avec des antibiotiques incluant de la mezalamine pour favoriser le contrôle de l’inflammation. La sulfasalamine est un enzyme contre les inflammations. Elle est tout aussi efficace et utilisée fréquemment. On peut citer également l’asacol, le dipentum ou le pentasa peuvent être prescrits lorsque les premiers médicaments suscités ne sont pas adaptés à l’organisme d’un patient. La prise de ces comprimés n’est pas sans conséquence. Elles peuvent entrainer des nausées, des vomissements, des brûlures d’estomac, les maux de tête.
  • Les cortisones ou des stéroïdes: ce sont des médicaments encore appelés corticoïdes. Ils sont utiles dans la réduction de l’inflammation. La prednisone et le budésonide sont leurs appellations du générique. Ces médicaments sont conseillés lorsque la maladie est à ses débuts. Leur consommation en quantité selon les prescriptions de votre médecin favorise l’apaisement de la maladie. Ces médicaments ont cependant des effets néfastes. Vous pouvez contracter une maladie nommée ostéoporose (affaiblissement des os).
  • Traitement avec la chirurgie: deux personnes sur 3 environ ont recours à la chirurgie pour apaiser leur mal lié à la maladie de Crohn. Cette intervention chirurgicale est nécessaire au soulagement des manifestations qui ne répondent pas à un traitement par antibiotique. Elle a pour utilité de résoudre les difficultés à savoir l’obstruction intestinale, la perforation, l’hémorragie, les abcès et douleurs abdominaux. La chirurgie est un moyen véritable d’enlever la paroi de l’intestin infecté. Elle apaise, mais ne guérit pas totalement la maladie. L’intervention chirurgicale permet de supprimer la partie intestinale atteinte par l’infection, mais cette opération doit se faire plus d’une fois, car le mal a tendance à revenir au même endroit.
  • Les compléments alimentaires: les enfants qui ont connu une croissance lente à cause de cette maladie peuvent recourir à des suppléments en nutrition (des aliments riches en calories, en fer, en calcium, en vitamine D, etc.). Le praticien décide s’il faut procéder à une nutrition par voie intraveineuse durant une période réduite. Cela consiste à mettre un petit tube dans une veine du patient pour lui transmettre les nutriments. Elle permet de mettre au repos les intestins infectés ou incapables de fonctionner de manière normale. Il faut rappeler que ces différents traitements peuvent être administrés à un seul patient, mais ce dernier doit au préalable se faire consulter.
  • Certains malades se réconfortent avec un régime alimentaire. C’est une mesure importante, car elle permet de faire le tri des aliments pour en consommer seulement ceux qui n’augmenteraient pas les symptômes (les céréales, les épices, l’alcool, les produits laitiers). Il est important de voir un nutritionniste pour mieux gérer son régime. Néanmoins, cela reste inefficace.

Quelques informations complémentaires sur la maladie de Crohn 

Les études réalisées dans le cadre de cette maladie ont révélé que plus la personne fume, plus les symptômes s’accroissent au sein de son organisme. Ce qui élève le besoin de consommer des médicaments notamment des stéroïdes. Le tabac accroit également les risques d’être soumis à une intervention chirurgicale. Arrêtez de fumer vous donne la chance de voir votre mal se diminuer continuellement.

La maladie de Crohn touche généralement les hommes et les femmes de tout âge même si le taux est plus élevé chez les personnes de 13 à 30 ans. Elle aurait même des origines héréditaires, c’est-à-dire qu’elle pourrait se transmettre de père en fils. Les Juives et les Afro-Américains sont beaucoup plus exposés à cette maladie d’après une étude effectuée en 2009.

En résumé, la maladie de Crohn fait partie de la famille des maladies incurables qui empêche considérablement la tranquillité corporelle. Elle est très chronique et s’attaque au système digestif dont le rôle principal est le transport des aliments. Les causes de cette maladie sont multiples, mais assez précises. Cependant, il faut retenir que quel que soit la mesure de traitement adoptée, les règles d’hygiène alimentaires s’imposent à tous pour avoir une vie saine et paisible.

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