Est-ce ainsi qu’il faut traiter les confrères suisses ?

L’annonce faite par la Commission Fédérale suisse pour les problèmes liés au Sida (CFS) crée un bouleversement majeur dans la vie des séropositifs et pour la prévention. Elle mérite plus qu’un communiqué lapidaire du Conseil National du Sida (CNS). En réagissant si promptement et de la sorte – sans contre argumentation scientifique – le CNS se montre bien désinvolte, alors que la CFS a fait l’effort d’exposer largement ses arguments.

Pourtant on savait depuis un an qu’il y avait en Suisse une envie forte de lever le tabou sur la non contagiosité des personnes séropositives sous traitement à charge virale indétectable. Lors de la conférence francophone sida à la Villette, en mars 2007, un représentant associatif suisse déclarait publiquement qu’il était probablement plus risqué d’avoir un rapport sexuel sans préservatif avec une personne qui se croit séronégative qu’avec une personne séropositive sous traitement. On voyait bien qu’il y avait là un débat intéressant en Suisse. Et de quoi faire de même en France, ouvrir une réflexion, compiler les données, consulter les experts, ouvrir des débats publics ou pourquoi pas mettre en place un comité de travail. Et puis rien… rien durant 8 mois. En tout cas en France puisqu’entre temps les suisses s’activent.

Arrive le 1er décembre et Bernard Hirschel, sommité suisse, l’un des membres du CFS, prend la parole dans la presse genevoise : « en dessous d’une certaine concentration de virus, aucune contamination ne se produit » (voir notre article Préservatif ou thritérapie ?). Aucune réaction en France. Cinquante trois jours plus tard, interrogé par la presse, le CNS se sent obligé de réagir, et par la voix de son président, déclare prendre l’affaire « très au sérieux ». Il est vrai que l’annonce de M. Hirschel a finalement passé la frontière sous les coups de butoir de petites associations insolentes qui soutiennent les séropositifs et montrent qu’il y a le feu dans la maison prévention.

Maintenant que la CFS s’exprime en direction de tous les médecins suisses, l’affaire est encore plus gênante. Donc arrive ce petit communiqué de presse du 30 janvier du CNS qui n’a toujours rien d’autre à nous mettre sous la dent qu’à annoncer la création d’un comité de travail. Comité qui va travailler sous la direction …. du CNS ! Est-ce sérieux alors que ce dernier a déjà pris parti ?

La première mission du CNS doit être de présenter très rapidement les données scientifiques qui justifient sa prise de position opposée au CFS. Faute de quoi, il décrédibilisera le système public français de prévention.

Commentaires

jeudi 31 janvier 2008 à 09h41

Est-ce bien de la faute du CNS si les données publiées dans la littérature scientifique sur cette matière sont contradictoires et que la commission Suisse ne s’appuie que sur des cohortes d’une 60 aine de couples sérodifférents dont le partenaire est sous traitement qui ne présentent pas la solidité statistique nécessaire pour rendre son avis ?

La désinvolture n’est-elle pas celle de la commission Suisse qui écarte tous les articles contradictoires avec son information aux médecins dans sa publication ?

 

Logo de SB
samedi 2 février 2008 à 05h21 – par  SB

Vous déclarez que les données publiées dans la littérature scientifique sont contradictoires et que la Commission suisse a écarté ces données. Pour que votre critique soit valable, pouvez-vous indiquer les études auxquelles vous faites référence et montrer en quoi elles contredisent les travaux de la Commission ?

 

Logo de Fabrice
mercredi 20 février 2008 à 10h44 – par  Fabrice

Ce qui apparaît comme un progrès est d’abord un échec de la prévention et de la prise en charge des pvvih !

Et dans le contexte politique actuel, on peut se demander si cette liberté dont tu parles sera toujours d’actualité ou si on n’aboutira pas à une injonction de soins et en cas de refus, à un internement thérapeutique comme cela se produit notamment en Suède.