Pour 2013, nous avons eu envie de vous parler autrement. Outre nos textes d’analyses, respectés pour leur sérieux, nos communiqués de presse parfois incendiaires mais toujours justifiés, parole est cette fois donnée en ce début d’année à nos militants, les anciens mais surtout les nouveaux. Une parole à la première personne, donc plus intime, pour poser les questions qui fâchent, celles qui ne sont pas suffisamment d’actualité alors même qu’il faudrait se battre pour les voir résoudre. Bonne lecture.

Depuis des siècles la sexualité humaine est centrée sur la question de la reproduction et avec elle, la transmission des biens par l’héritage à travers la naissance et la filiation légitimes, qui ont longtemps été au cœur de l’institution du mariage et de la famille depuis le code Napoléon. Pourtant, personne ne peut nier que ce qui différencie l’Homme de l’animal, c’est la capacité à éprouver des sentiments et des émotions, même quand celui-ci est poussé par son instinct. Ceux qui manifestent en ce moment contre le mariage universel sont les mêmes qui hier étaient opposés au divorce, à la contraception, à l’IVG, à la maîtrise par les femmes de leur propre corps et au Pacs, à l’égalité des droits entre enfants nés hors ou dans le cadre du mariage.

J’ose faire le vœu qu’en 2013, enfin, le mot sexualité n’appartienne plus au dogme de l’acte reproductif et qu’il puisse enfin être reconnu comme une source de plaisirs et d’épanouissement sexuel, professionnel et personnel à part entière.

Le sexe, la baise, le coït ne sont pas les seuls outils de la procréation humaine de nos jours, et il en est ainsi et c’est très bien. Ceux qui défilent contre l’accès des couples lesbiens à la PMA, refusent cette réalité.

Aborder la sexualité sous le seul angle du mode de la procréation ou de l’acte portant le projet d’une parentalité par cette possibilité, entraine ostracisations et jugements des populations n’utilisant pas le sexe sous cette forme, tout comme les personnes qui peuvent avoir des pratiques sexuelles sortant du schéma pénétration uro-vaginale se voit discriminées par tous les tribunaux de l’humanité,médecins, scientifiques, politiques, juristes et concitoyens.

Éducation à la sexualité et à la vie affective, prévention des IST, promotion à la santé sexuelle, liberté des minorités tels que les séropos, homosexuels, personnes transgenres, sont autant de thèmes qui ont émergé une fois que l’on a commencé à s’émanciper de ce schéma dogmatique et conservateur.

Alors que si on pouvait imaginer un instant que la sexualité soit une affaire personnelle et individuelle, intime, que chacun porte comme il l’entend dans une volonté d’amélioration de sa propre qualité de vie, d’une source individuelle d’épanouissement, chacun pourrait enfin avoir droit au respect de ses usages et pratiques.

J’en fais le vœu le plus personnel pour 2013.

Ma sexualité, ma santé, ma prévention sans dogmatisme, mais tout simplement libre et égale en droit. Cela grâce à l’autotest, à une PrEP accessible, à une profession du sexe sécurisée et reconnue, une protection juridique de mes partenaires de sexe, l’égalité des droits… et bien d’autres nouvelles conceptions de vie des genres et identités.

Je vous souhaite un 2013 sur une voix de l’épanouissement libre.