Warning demande depuis 2008 la légalisation des autotests du VIH [1]. En mars 2012, notre association a ouvert le seul site internet exhaustif en France d’information sur les autotests. Warning a interpelé madame la ministre française des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, lors de la Conférence mondiale sur le VIH à Washington en juillet dernier [2]. La ministre avait saisi alors le Conseil National du Sida (CNS) et le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) « sur les problèmes posés par la commercialisation d’autotest de dépistage de l’infection à VIH ». Nous avons salué les travaux du CNS et CCNE qui ont éclairé la décision de la ministre, rendue publique ce jour, de légaliser l’usage des autotests du VIH en France.

Nous nous félicitons de l’avis favorable de la Madame la ministre, qui va approfondir le travail entrepris avec le dernier programme national de lutte contre le VIH et les IST, de rénovation de l’offre de dépistage et surtout de la prise en compte des besoins des personnes les plus exposées au VIH et des freins à l’accès aux dépistages actuels.

Warning tient à rappeler 5 points importants quant à la mise en place des autotests :

1- Permettre un accès le plus large possible pour tous, incluant les individus les plus vulnérables et les plus isolés. L’autotest VIH doit être disponible dans les pharmacies, sur internet, les distributeurs automatiques, et gratuitement dans les CDAG-CIDDIST, les associations de lutte contre le sida et celles de santé communautaire, les plannings familiaux, le SNEG et ses adhérents, lors de distributions à l’occasion d’événements comme les Marches des fiertés LGBT, etc. L’autotest VIH doit pouvoir aussi être disponible sur prescription.

2- Créer les conditions de la concurrence, autoriser les autotests avec prélèvement sanguin et salivaire, pour un coût grand public raisonnable pour le marché français, moins de 10 Euros, et aussi favoriser l’innovation.

3- Proposer un autotest VIH remboursé dans certains cas, par exemple une fois par an.

4- Promouvoir des offres diversifiées d’écoute et d’accompagnement à distance (téléphonique, en ligne) tant par des acteurs associatifs que les fabricants de tests eux-mêmes.

5- Anticiper l’après mise sur le marché des autotests VIH et déjà prévoir l’auto-dépistage d’autres infections sexuellement transmissibles et des hépatites virales.

Enfin, Warning est convaincu que la légalisation des autotests du VIH va permettre à chacun d’être acteur de sa santé et de la lutte conte le sida. Ce changement fort dans l’offre de dépistage va aussi contribuer à banaliser l’acte de dépistage et ainsi lutter contre la peur de connaître son statut sérologique. Nous demandons à Madame la ministre de lancer une grande campagne nationale à même de contrer la peur de la séropositivité et la sérophobie, freins majeurs au dépistage. Cette campagne devra donc insister sur la réalité du vécu de la séropositivité en 2013. En effet, dépistée au VIH, toute personne peut bénéficier d’un suivi médical adéquat et si besoin d’un traitement qui permet de ne plus transmettre le virus et de vivre une vie normale.

S’informer, comprendre et discuter l’intérêt des autotests VIH, c’est sur www.autotestvih.info

Warning est une association en santé communautaire présente en France, en Belgique et au Québec. Lancé fin 2003, Warning élabore de nouvelles pistes de réflexion sur le rapport des hommes gais à leur santé corporelle et mentale et qui prennent en compte les transformations des modes de vie LGBT dans les sociétés occidentales.
[1] http://www.thewarning.info/spip.php…
[2] http://www.thewarning.info/spip.php…

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Autotest VIH : chaque utilisateur est acteur de sa santé et de la lutte pour la fin de l’épidémie
L’autotest VIH, c’est-à-dire la possibilité d’utiliser les tests rapides de dépistage du VIH, soi-même, dans le cadre privé, fait son apparition dans la lutte contre le VIH. Jusqu’à maintenant il n’était possible d’acheter que des tests sur Internet à la qualité incertaine, car aucun marché national ne permettait la vente grand public de produits de qualité. Mais tout a changé car depuis le mois d’octobre 2012, les États-Unis ont ouvert leur marché national en permettant la mise en vente libre d’un test rapide salivaire évalué.

Pourquoi Warning soutient la légalisation des autotests VIH 
Le 25 octobre 2012, Warning a été consultée par la Commission Autotest du Conseil national du sida. En voici la contribution.

« Ma séropositivité, c’est par un autotest que je l’ai apprise »
Jeune gay de 28ans, je vis en couple stable depuis quatre ans. Notre couple n’est pas établi sur la fidélité, on peut donc le dire « open ». Je vis ma sexualité depuis des années comme une vraie source de plaisirs, de partage et d’épanouissement. Je fréquente donc régulièrement d’autres mecs homo-bi que je rencontre sur les sites de drague, dans les lieux de sexe ou ailleurs. Ma séropositivité, c’est par un autotest que je l’ai apprise. J’ai décidé aujourd’hui de partager mon histoire…

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Juillet 2012 : Marisol Touraine se montre ouverte à la question des autotests VIH
Warning, par la voix de son président Georges Sidéris, interpelle la ministre des affaires sociales et de la santé Marisol Touraine sur la légalisation à la vente des autotests VIH en France. La ministre était présente au stand France de la XIXe conférence sur le sida à Washington le mercredi 25 juillet au matin. Plusieurs arguments ont été présentés à la ministre par le président de Warning

 

Contacts presse : Nicolas Charpentier 00 41 78 694 95 81
Olivier Jablonski 06 60 64 54 68