Quelles sont les évolutions de la perception du VIH chez les gays en Australie ?

JPEG - 20.2 ko

Michael Hurley (Melbourne – home page) : Les gays séronégatifs australiens semblent avoir repositionné le sens de l’infection VIH. Beaucoup s’engagent désormais de temps à autre dans des relations sexuelles non protégées et du sexe à risque réduit, et certains s’y engagent régulièrement. Le résultat en est une augmentation des nouveaux cas d’infection chez les gays, qui connaissent pour la plupart ce qu’il en est du VIH et du safe sex. Le problème est maintenant d’intervenir de façon culturellement efficace dans les pratiques sexuelles à risque pour que la recrudescence des infections ne deviennent pas comme une chose normalisée et inévitable à la fois socialement et individuellement.

Quelles sont les priorités de santé des gays en Australie,
et comment les aborder ?

1. La disponibilité des services de santé publique et des traitements subventionnés. 
2. Les services sympathisants, qui en incluant la diversité sexuelle sapent les questions telles que l’exposé tardif ou la rétention sélective de symptômes (MST, VIH, cancers des testicules, problèmes anaux). 
3. Parmi les questions essentielles : la coinfection VIH et hépatite C ; la santé anale (MST, fissures, cancers) ; le vieillissement et la santé.

Doit-on repenser la prévention du VIH et les campagnes de santé, si l’on veut qu’elles soient mieux reçues par les gays ?

Mon point de vue est qu’un encadrement social et culturel de la santé des gays convient mieux qu’un encadrement simplement médical. Cela suppose de tenir compte des différentes façons de vivre l’homosexualité et d’articuler dans le détail le rapport que chacune entretient à la santé, au plaisir sexuel, aux soins de la vie quotidienne. Une focalisation médicale sur le risque d’infection combinée à une insistance inflexible sur le 100% préservatif a pour résultat la glamorisation du VIH et des maladies sexuellement transmissibles. Les rapports non protégés avec les partenaires de passage prennent alors la valeur très « glamour » d’une transgression.

 

A voir :  Then & Now : Gay Men and HIV http://www.latrobe.edu.au/arcshs/downloads/Reports/Then_and_Now.pdf

 

Vidéos conférence VIH et santé gaie

Senior Research Fellow à l’Australian Research Centre in Sex, Health and Society de l’Université de Melbourne, Michael Hurley travaille en collaboration étroite avec les communautés gays et les communautés séropositives. En Australie, l’épidémie concerne à 80% les homosexuels. Dans son rapport publié en 2003, « Then and Now. Gay Men and HIV », Michael Hurley examine la relation actuelle des hommes gays avec le VIH et la manière dont le sexe non protégé ou à risque s’insère dans la façon qu’ont les gays de vivre leurs vies maintenant. Il suggère que des réponses de santé basées sur l’idée de crise ne fonctionnent pas bien dans des contextes gays &#8220 ;post-sida&#8221 ;. Pour lui, toute intervention au sein des cultures vécues homosexuelles requiert une délicate articulation de la prévention VIH avec les pratiques connues de réduction des risques. Michael a aussi édité Cultures of Care and Safe Sex amongst HIV positive Australians.