Une recherche montre que le préservatif est efficace à 70% pour prévenir le VIH chez les gays lors des relations anales avec un partenaire sérodifférent. Seul 1 gay sur 6 déclare l’utiliser lors de chaque relation sexuelle sur la longue durée. L’étude n’indique pas d’effet protecteur en cas d’utilisation irrégulière du condom.

C’est ce que rapportent des chercheurs du CDC à la conférence sur les rétrovirus qui se déroule actuellement à Atlanta. Pour arriver à ces chiffres, ils ont rétrospectivement analysé l’utilisation du préservatif et les données sur les infections VIH de 3490 hommes qui ont eu des relations anales avec un partenaire sérodifférent à partir de 2 études menées aux États-Unis parmi des homosexuels séronégatifs : l’étude VAX004 (le premier essai d’efficacité d’un vaccin contre le VIH) menée entre 1998 et 1999, et EXPLORE, l’une des plus importantes études jamais conduite d’intervention comportementale sur le VIH, menée entre 1999 et 2001. Le suivi des participants était de 3 ans pour l’étude VAX et 4 ans pour l’étude EXPLORE.

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L’usage permanent du préservatif bloque 70% des infections à VIH sur une période longue

Les résultats montrent que le nombre de nouveau cas d’infections VIH était 70% inférieur chez ceux déclarant utiliser systématiquement un condom par rapport au groupe des hommes qui ne l’utilisaient pas du tout. Ce résultat est un peu plus bas que l’efficacité généralement mesurée pour le sexe vaginal, de l’ordre de 80 à 85%.

A peine 1 gay sur 6 utilise tout le temps le préservatif sur une longue période

Dans l’échantillon, deux tiers des hommes ont rapporté un usage à 100% du préservatif pendant au moins une période de 6 mois. Par contre, seulement 16.4% ont dit utiliser systématiquement le préservatif pendant toutes les périodes de l’étude (3 ou 4 ans), soit à peine un homme sur 6.

L’usage irrégulier du condom ne protège pas contre le VIH sur une longue période

Etonnamment l’analyse ne montre pas d’effet protecteur du préservatif contre le VIH chez les personnes déclarant l’utiliser irrégulièrement (« sometimes », défini comme étant utilisé entre 1 et 99% lors des relations sexuelles).

Les chercheurs n’ont pas trouvé de différence statistiquement significative du nombre de cas d’infection VIH entre les personnes utilisant irrégulièrement le préservatif et celles qui ne l’utilisaient jamais. Une nouvelle analyse est en cours pour voir à partir de quelle fréquence d’utilisation, le préservatif cesse d’être protecteur contre le VIH.

Les saisons du risque

Il ne s’agit pas ici de questionner l’efficacité du préservatif mais bien l’efficacité du message « tout préservatif ». Il est clair que, comme chez les hétérosexuels, l’efficacité sur une période de temps, même chez ceux qui disent porter le préservatif 100% chaque fois, est nettement moindre que l’efficacité par acte qui se situe autour de 98-99%. Il est donc clair que le maintien de l’usage systématique du préservatif sur le temps n’est pas réaliste et que les gais ont des « saisons de risque » qui varient dans le temps comme l’a mentionné Bob Grant, chercheur principal de l’étude iPrex à la même session.

Pour que la prévention reste connectée sur la vie réelle des gais, Il faut tenir compte des modes de vie, des différences socioculturelles et générationnelles, des normes, des désirs, du plaisir et promouvoir activement une variété de stratégies de prévention adaptées.

Note : en photo Dawn K. Smith du département de prévention du VIH des Centers for Disease Control and Prevention.

 

Référence : Smith D et al. Condom efficacy by consistency of use among MSM : US. 20th Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, Atlanta, abstract 32, 2013.
Résumé : http://www.retroconference.org/2013…
Vidéo : http://webcasts.retroconference.org…