Voici maintenant les séronegs sous antirétroviraux. En effet, une récente étude réalisée lors des gay pride de quatre villes américaines a montré, contre toute attente, qu’une proportion élevée de séronégatifs prenaient des antirétroviraux dans l’intention de se protéger de l’infection VIH.

Ce qu’on appelle la PREP (prophylaxie pré-exposition), ou la prise de pilules antirétrovirales pour se prémunir de l’infection VIH, a été largement débattue lors de la 3ème Conférence de l’IAS à Rio. En effet, des essais de prévention à base de Tenofovir, un antirétroviral, ont récemment été remis en question, notamment celui peu éthique mené au Cameroun. Quoi qu’il en soit, certains membres de la communauté gay semblent avoir pris les choses en mains, d’une manière surprenante.

Il y aurait de quoi s’inquiéter car une étude menée sur les singes, et dont on a présenté les résultats un peu plus tôt dans l’année, montre que loin de prévenir l’infection, le procédé ne fait que la retarder (voir notre article).

Les chercheurs de l’étude présentée à l’IAS ont posé la question suivante à 1046 participants des gay pride de San Francisco, Oakland, Baltimore et Detroit :


« Avez-vous déjà pris des médicaments contre le sida avant d’avoir des conduites à risque parce que vous pensiez que cela réduirait vos chances d’être infecté par le VIH ? » Il leur a également été demandé s’ils avaient déjà entendu parler du concept PREP.

  • Parmi le groupe interrogé, 18% des personnes se déclaraient hétérosexuelles, et 17% bi. Il y avait 7% de femmes, et 40% d’afro-américains.
  • Un quart des personnes interrogées avaient entendu parler de la PREP, et 7% avaient effectivement pris les pilules (vraisemblablement « empruntées » à des amis séropositifs).
  • Les chiffres sont encore plus importants à San Francisco et Baltimore, où 9% des personnes avaient pratiqué la PREP, pour seulement 3% à Oakland.

La preuve est faite que la PREP était un phénomène « underground », pratiquée par des gens qui ne croyaient pas forcément tout ce qu’on leur dit sur le VIH. Les personnes interrogées ont plus tendance à croire qu’on leur a fait passer le test à leur insu, ou que le VIH est un virus fabriqué par l’homme. Ils sont aussi moins confiants envers les informations émanant des organismes officiels de prévention.

Les auteurs de cette recherche indiquent qu’il faudrait mener de nouvelles enquêtes afin de déterminer « quels sont les médicaments pris, quelle en est la posologie, d’où ils proviennent, et si leur usage est associé à des comportements sexuels plus risqués ».

 

Traduction : Azelle pour Warning

source : Traduction résumée de l’article « Study : Negative men taking HIV pills », Gus Cairns, http://uk.gay.com/article/3855

Étude : Knowledge and Use of Pre-Exposure Prophylaxis Among Attendees of Minority Gay Pride Events, 2004, Kellerman S., Hutchinson A., Begley E., Boyett B., Clark H., Sullivan P., Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA, United States of America (Abstract présenté à l’IAS Conference on HIV Pathogenesis and Treatment)