L’enquête s’est déroulée sous forme d’un questionnaire diffusé auprès des LGBT romandes (associations et individus) entre août et fin décembre 2005. Il a porté sur le coming-out, les discriminations, le don du sang, une présence policière dans les parcs la nuit, le besoin d’Etablissements Médico-Sociaux gay friendly, la mise en application de la Lpart, la création d’un listings de juristes gay friendly, l’intérêt d’un Observatoire De l’Homophobie ainsi qu’une liste d’actions prioritaires au sein de celui-ci pour lutter contre elle.

312 personnes, essentiellement des hommes (86%) s’identifiant comme gays à 78% ont répondu au questionnaire. Pour les 14 % de femmes ayant participé, 9% d’entre elles s’identifient comme lesbiennes. Les personnes bisexuelles représentent 7% au total. Aucune personne ne s’est déclarée transsexuelle mais quelques unes se considèrent comme « autres » ou comme « gays et autres ». Quelques personnes hétérosexuelles (5%) ont également répondu à l’enquête. 65% des répondants ont entre 26 et 49 ans. Les 16/25 ans représentent 8% et les plus de 65 ans 7%.

91% vivent en Suisse (dont la moitié dans le canton de Genève) et 9% en pays frontalier (pour la majorité en France). 59% ont la nationalité suisse, 63% une nationalité de l’union européenne. Puisqu’en effet, un certain nombre d’entre eux sont également bi-nationaux. 
62 % sont célibataires, 17% vivent en union libre, 5% sont mariés, 5% sont pacsés, 8% sont divorcés, 2% sont veufs. 12% ont des enfants mais seulement un tiers vivent avec eux.

Plus de la moitié des répondants ont un niveau de formation supérieure. 10 % sont au chômage et seulement 37% occupent un emploi à temps plein. 
84% ont fait leur coming-out : 68% à leurs parents mais seulement 9% à leurs enfants. 80% l’ont dit à leurs amis, la moitié à leurs collègues de travail mais seulement moins d’un tiers à leur employeur.

Seulement 12% des personnes, parmi la moitié qui ont la foi, ont fait leur coming-out auprès de leur communauté religieuse. Pour 84% d’entre elles cela s’est très bien ou bien passé.

Un peu plus de la moitié ont fait leur coming-out à leur médecin ce qui selon Dialogai signifie que ceux qui n’ont pas annoncé leur orientation sexuelle à leur médecin ne parlent pas sexualité avec celui-ci. Cela peut donc avoir de graves conséquences pour leur santé (pour le dépistage des IST, des cancers de la prostate ou anal, des cancers de l’utérus, du col de l’utérus ou du sein). Cela explique aussi le succès du centre Checkpoint  à Genève et du listing de médecins et thérapeutes gay friendly.

  • Homophobie : une personne sur deux ont été victimes d’un acte homophobe dans leur vie. Un quart ont surtout subi des propos discriminatoires ou des moqueries et des insultes.10% ont été rejetées par leur famille du fait de leur homosexualité, 7% par leurs amis, 5% par leurs collègues de travail. 3% ont eu des soucis avec leur médecin. 7% ont subi du harcèlement dans le cadre professionnel, 5% des contrôles de police injustifiés, 8% ont eu des problèmes avec leurs voisins.
  • Les agressions homophobes concernent 10% des personnes mais seulement 29% d’entre elles ont porté plainte. Plus de 14% ont été violées. Seulement 11% d’entre elles ont porté plainte et 5% seulement ont obtenu justice auprès des tribunaux.
  • Santé mentale et homophobie : un peu plus de 1% déclarent une tentative de suicide dans les 12 derniers mois en lien avec des pressions homophobes et 9% au moins une TS dans leur vie. 7% déclarent une dépression liée à l’homophobie dans les 12 derniers mois et 25% au cours de leur vie.
  • Homophobie au sein de la communauté LGBT : 20% déclarent des discriminations dont 41% par rapport à leur âge, 32% en raison de leur genre mais aussi 6% pour leur statut sérologique.

D’autre part, pour les des 3/4 des répondants, le sida mais aussi la pédophilie contribueraient à l’homophobie puisque la société fait des amalgames entre homosexualité et VIH/sida et entre homosexualité et pédophilie.

  • Listing de juristes gay friendly : à l’instar du listing de médecins et thérapeutes gay friendly, 80% des personnes ayant répondu à l’enquête souhaitent une liste de juristes gay ou gay friendly.

Les résultats du questionnaire vont ainsi permettre à Dialogai de définir les priorités d’action pour les années à venir – auprès des écoles, du grand public, de la police, des politiques et des entreprises – dans le but de faire changer les mentalités, les représentations et les discriminations à l’égard des LGBT, mais également de faire baisser le taux de suicide pour cause d’homophobie chez les jeunes.

En parallèle à cette enquête, Dialogai coordonne avec les associations Lestime et 360° le projet d’un Observatoire De l’Homophobie (ODH) qui bénéficie du soutien de SOS-Homophobie en France et de Bill Ryan, Président de l’association Séro-Zéro, au Canada.

Dans le questionnaire, neuf choix d’actions pour lutter contre l’homophobie au sein de l’ODH étaient proposés. Les répondants ont classé comme prioritaires : la lutte contre l’homophobie à l’école, les actions auprès des politiques, les campagnes d’information tout public, la formation des policiers à l’écoute des gays et lesbiennes victimes d’agressions homophobes ainsi qu’une assistance juridique en cas d’homophobie au travail.

Dialogai vient également de signer avec le Département des institutions de l’Etat de Genève une convention « Sensibilisation à l’homosexualité » qui lui permet d’intervenir dans la formation initiale de la police cantonale, afin de sensibiliser la gendarmerie et la police judiciaire à l’homophobie et à l’accueil des gays et des lesbiennes victimes d’agressions homophobes. Une première intervention de Dialogai a d’ores et déjà pu avoir lieu début mai 2006.

 

Résultats de l’enquête Dialogai Homophobie