Alors que la recherche sur le VIH et sur les outils de prévention progresse, il subsiste des lacunes importantes entre les prestataires de santé et les hommes gais et bisexuels qui pourraient bénéficier le plus de ces nouveaux outils. Un récent rapport publié par la Fondation de lutte contre le sida de San Francisco (San Francisco AIDS Foundation) identifie les étapes nécessaires pour éliminer les obstacles et favoriser les relations et la communication entre les prestataires et leurs patients.

D’après la Fondation, « nous avons à présent plus d’outils que jamais à notre disposition pour réduire radicalement les nouvelles infections particulièrement parmi les hommes gais et bisexuels, cependant nous avons besoin d’être certains que davantage d’hommes aient connaissance de ces outils afin qu’ils puissent prendre les décisions les plus éclairées possible concernant leur santé sexuelle ».

Voici donc les recommandations finales résultantes de la rencontre de décembre 2013 organisée par la Fondation [1] :

• Comme la plupart des hommes gais et bisexuels séronégatifs sont moins susceptibles de solliciter leur médecin pour des questions de santé sexuelle, il faut explorer d’autres moyens pour parvenir à délivrer la PrEP.

• Il faut sensibiliser de manière ciblée les hommes pour les éduquer et les outiller afin qu’ils soient capables d’argumenter une demande de PrEP auprès de leurs médecins et autres prestataires de soins.

• Parce que les prestataires de soins ont peu de temps avec chaque patient lors des visites individuelles, ils ont besoin de messages simplifiés pour discuter de la PrEP et d’outils simples pour remplir rapidement une évaluation des risques pour inciter à la prescription d’une PrEP.

• Les prestataires de soins ont besoin de plus d’appuis pour prescrire la PrEP : outils de dépistage, de règles et d’instructions des autorités sanitaires, systèmes de remboursement spécifiques [2].

• Ceux qui soutiennent la PrEP doivent travailler de concert afin de changer la position institutionnelle, contrecarrer les idées fausses et les attitudes alarmistes à l’égard de la PrEP.

• Les organisations médicales les plus influentes et les autres structures impliquées dans le domaine du VIH doivent déterminer et soutenir un standard de soin pour la PrEP.

« Avoir à la même table des spécialistes des maladies infectieuses, des fournisseurs de services communautaires, des responsables de la santé publique, des représentants gouvernementaux, des chercheurs, et des défenseurs de la recherche sur la prévention du VIH a été inestimable pour discuter de l’avenir de la santé sexuelle des hommes gais », a déclaré Judy Auerbach, première conseillère de la Fondation et modératrice de la rencontre. « Nous sommes unanimes pour dire que la PrEP est un point de départ pour aborder la santé sexuelle des hommes gais, et même le sexe sans préservatif, de manière utile et constructive ; qu’elle encourage les hommes gais et bisexuels séronégatifs à s’engager davantage dans la santé sexuelle et les services de prévention du VIH ».

 

Source : Report Highlights Recommendations to Improve Gay and Bisexual Men’s Sexual Health

 

[1Le rapport complet : http://www.sfaf.org/hiv-info/hot-to….

[2Aux États-Unis, ce sont les assurances privées qui remboursent la PrEP.