30 ans après les Principes de Denver , Act Up-New York et le Treatment Action Group (TAG) ont interpellé le Center for Disease Control (CDC) en juin dernier, sous la forme d’un manifeste – les Principes d’Atlanta – exposant les moyens de changer radicalement et d’améliorer rapidement les politiques actuelles de prévention du VIH aux États-Unis. Au lendemain du Congrès international sur le sida de Melbourne, nous proposons aux organisations de lutte contre le sida et LGBTQ de nos pays respectifs de s’en inspirer pour se remobiliser. Voici ces principes :

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• Les institutions sanitaires devraient collaborer avec les communautés où la prévalence du VIH est la plus élevée pour concevoir une campagne nationale d’information sur les avantages du traitement antirétroviral comme outil de prévention du VIH. La campagne devrait cibler à la fois les personnes séropositives comme séronégatives et inclurent les médias sociaux.

• Les institutions sanitaires devraient concevoir et mener une campagne nationale d’information sur le TasP pour le grand public de manière à destigmatiser le VIH, ceci en dissipant les informations erronées sur sa transmission.

• Les institutions sanitaires devraient développer les informations existantes sur les prophylaxies post- et préexposition, en collaboration avec les communautés pour la conception de campagnes qui ciblent les populations où l’incidence du VIH est la plus élevée, et à l’aide des médias traditionnels comme des médias sociaux que ces populations utilisent dans leur vie quotidienne.

• Les autorités sanitaires devraient adapter l’information sur les prophylaxies post- et préexposition aux groupes historiquement vulnérables au VIH, tels que les utilisateurs de drogues injectables (UDI) et les femmes précarisées en raison de l’itinérance ou de la violence conjugale.

• Les autorités sanitaires doivent informer les médecins que la prise quotidienne de Truvada est une prophylaxie préventive approuvée pour les personnes séroconcernées. Les praticiens responsables devraient prescrire cette pilule préventive en conséquence [1].

• Les autorités sanitaires doivent financer l’accès de cette pilule préventive aux populations les plus séroconcernées.

• Les autorités sanitaires/éducatives devraient publier des recommandations basiques en termes d’éducation à la vie sexuelle et affective, exemptes de préjugés, qui normalisent le sexe dans le cadre d’une vie saine : Qu’est-ce que les élèves ont besoin de savoir afin de prendre soin de leur santé sexuelle ? L’éducation sexuelle doit parler ouvertement de toutes les sexualités et identités sexuelles, sans stigmatisation.

• Les autorités sanitaires devraient travailler avec les autorités locales pour développer ou améliorer des programmes qui sensibilisent les élèves au VIH, à son traitement et sa prévention (comportementale et pharmaceutique), et contrer la peur et la stigmatisation qui lui sont liées. Elles devraient impliquer les élèves pour aider à assurer l’efficacité du programme.

• Les messages de prévention basés sur la peur ne font que nourrir la stigmatisation : les autorités sanitaires doivent les abandonner.

 

[1Cette recommandation américaine n’est pas faite en France. Par contre au Québec, la prescription est possible.