À défaut de faire avancer le débat sur l’intérêt du traitement antirétroviral comme substitut au préservatif dans les couples sérodifférents, le forum sur la transmission organisé par le TRT-5 en avril a permis d’en savoir plus sur le fameux essai d’iPREP qui pourrait être mené en France d’ici un an ou deux auprès des gais.

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L’ANRS avait évoqué la possibilité d’une telle recherche en novembre dernier. Un dossier va donc être présenté à l’appel d’offre de l’agence par le professeur Jean-Michel Molina qui dirige le service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital parisien de Saint-Louis. L’iPREP est un concept de prévention « à la demande » basé sur une prise d’antirétroviraux (Truvada très probablement) par la personne séronégative afin d’éviter la transmission potentielle du VIH lors d’un rapport anal sans préservatif. « iPREP » pour prophylaxie pré-exposition intermittente à la différence des autres études PREP qui se déroulent déjà à l’étranger où la prise d’antirétroviraux est continue (chaque jour). En fait la prise de Truvada pourrait avoir lieu en deux temps, quelques heures avant et après le rapport sexuel.

Nous en saurons plus dans quelques mois quand l’ANRS aura rendu son avis et qu’un partenariat sera mise en place avec les associations représentant la population concernée (associations sida et ou associations LGBT ?). Car cet essai très original nécessite le recrutement d’une cohorte de 1500 gais séronégatifs (qu’il faudra convaincre) et soulève des questions éthiques, par exemple le fait qu’il y ait un groupe placebo. En effet, la cohorte comprendra 2 groupes : l’un disposera du Truvada, et l’autre recevra un produit inactif. Cette option est-elle bien raisonnable ?

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Illustration : the Advocate / 2 : Campagne de recrutement en Nouvelle-Zélande pour un essai PREP.