Warning est un groupe de militants francophones des deux côtés de l’Atlantique.

Notre activité a débuté en 2004, d’abord sous la forme d’un groupe au sein d’Act Up-Paris, puis très vite de manière indépendante. Nous avons émergé alors comme un groupe de « folles furieuses » en colère face à l’attitude réactionnaire des institutions et associations sida ou LGBT sur nos corps et identités en transformation, contestant des politiques préventives sur le VIH et les IST/ITSS alors complètement obsolètes voire liberticides.

Inspirés à la fois par la critique Queer, le mouvement international de Santé Gaie et les idées de la Gauche critique nous avons élaboré et promu une nouvelle approche. Une approche qui voulait sortir de l’emprise de l’épidémiologie et de l’idéologie réductrice du risque. Cette approche, c’est la « santé gaie » dont les concepts ont été exposés lors d’une conférence internationale à l’hôtel de ville de Paris en 2005 puis dans le livre intitulé « Santé Gaie » paru en 2010.

Empêcheurs de penser en rond, pionniers de la santé gaie dans le monde francophone, impulseurs d’idées nouvelles, inventeurs de concepts, Warning c’est la liberté, la fête et le plaisir partagé, l’idée sans cesse attaquée que « nos corps nous appartiennent ».

Warning c’est le signal d’alarme qui ravive le sentiment d’urgence, d’indignation, de perturbation, d’action, qui rappelle incessamment l’importance de partir du vécu de nos communautés et des personnes, face aux discours et politiques institutionnels et médiatiques normalisateurs qui confisquent la parole, étouffent toute dissidence.

Warning c’est une prise de conscience que les discours scientifiques et institutionnels peuvent être éminemment politiques et aller à l’encontre des intérêts en santé des personnes qui ne sont pas hétéronormées. Parce que ces politiques ne sont pas motivées par le seul intérêt des personnes concernées mais aussi par des intérêts économiques et moraux. Parfois mêmes, elles revêtent des enjeux de concurrence de carrière. Voilà tout ce que nous avons appris à connaître depuis les débuts de l’épidémie de sida. Du même coup, notre approche ne verse pas dans une démarche anti-scientifique obscurantiste, mais bien au contraire, en confronte les diverses sources d’informations pour en extraire ce qui est le mieux pour notre santé.

Ayant un statut juridique à la fois en France et au Québec, nous ne souhaitons pas offrir de « services » directs à la population. Par la publication d’articles, l’émission de communiqués de presse, de campagnes ciblées ou encore des interventions dans l’espace public, nous servons de haut-parleur afin d’articuler savoirs profanes, scientifiques et expérientiels. Nous sommes un espace de réflexion mais aussi de réflexivité exigeante à propos de nos sexualités et leurs articulations avec les notions de santé, plaisirs, désirs, besoins, libertés, normes, privilèges, vécus, communautés, oppressions et pouvoirs.

Ouverts aux collaborations externes, nous sommes engagés tant dans les débats locaux qu’internationaux.