Une bonne relation avec son médecin est un élément important pour favoriser une écoute de qualité, une bonne prise en charge et éviter des retards de diagnostic. Une étude récente menée auprès des gays de Genève nous éclaire sur cette question. On y apprend que les gays sont moins satisfaits de leurs médecin que la population générale. Ils se plaignent que celui-ci n’attache pas suffisamment d’importance à leur situation personnelle et il se sentent moins à l’aise pour parler et moins impliqués dans les décisions prises durant la consultation. Ils considèrent aussi qu’on ne les écoute pas assez et qu’il y a une insuffisance de conseil en prévention. L’étude montre aussi un profil de santé plus défavorable dans nos communautés. En conséquence, les auteurs de l’étude concluent à une inadaptation du système de soin suisse pour les hommes gays.

Dans plusieurs pays, de telles enquêtes ont été menées et quasiment rien en France. Elles montrent toutes des spécificités de santé pour les populations homosexuelles hommes et femmes, à la fois en santé mentale et santé physique. S’y ajoute la question du VIH pour les gays du fait d’une prévalence importante dans cette population. D’autres points de santé posent actuellement de gros problèmes, notamment l’insuffisance de vaccination pour l’hépatite B chez les jeunes homosexuels masculins, les questions de dépression ou d’anxiété ou encore l’insuffisance de suivi gynécologique ou le risque accru de cancer du sein chez les femmes lesbiennes. Il n’est pas toujours facile de parler à son médecin. La présence d’une infection vénérienne au niveau anal par exemple peut être parfois difficile à évoquer car elle signifie dès lors un aveu d’homosexualité. Or diverses études montrent que seulement 60 % des homosexuels ont indiqué leur préférence sexuelle à leurs médecin.

On le voit donc, que l’on soit homosexuel homme ou femme, séropositif ou non, la qualité de la relation avec le médecin est un élément clé de la santé. Certaines études, toujours à l’étranger, montrent aussi qu’une majorité d’homosexuels souhaitent accéder à des services gay-friendly. Il n’existe actuellement pas de tels services en France, pourtant le besoin est là. De son côté, l’Association des Médecins Gays propose depuis plusieurs années une liste de médecins à tous ceux qui la contactent, mais est-ce suffisant ?

Améliorer la relation des gays et lesbiennes avec leur médecin passe à la fois par une formation des systèmes de soins aux spécificités de santé des populations homosexuelles mais aussi par une sensibilisation des homosexuels eux-mêmes pour qu’ils ne restent pas dans un fatalisme ou parfois, qu’ils n’attendent pas trop longtemps avant de consulter.

C’est pourquoi nous avons décidé d’orienter notre première campagne de santé gaie sur ce sujet via un flyer qui a été distribué à 12 000 exemplaires lors de la gay pride parisienne. Ce flyer pose le débat et incite les personnes à s’échanger le nom de leur médecin gay-friendly.

Prochainement le flyer sera distribué nationalement avec l’aide du Sneg et de Aides.