Est-ce une conséquence de la grave crise interne qui agite Têtu et du départ de plusieurs journalistes ? Un article au ton catastrophiste à propos du VIH, jetant le discrédit sur les associations LGBT et les associations de lutte contre le sida, fait appel à l’intervention de la garde des sceaux et parle de « contamination volontaire » à propos de la transmission du virus (Têtu, septembre 2007, n° 125, p. 162-163).

Il parait que c’est nous « les gays » qui attendons cette intervention et une « rupture ». On appréciera cette façon de se défiler de la part de Têtu, de s’abriter derrière une supposée opinion gay alors que l’article ne s’appuie sur aucune enquête d’opinion. Allons donc ! Nous avons tous en mémoire le fameux éditorial de Têtu en faveur de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle, il ne s’agit donc pas des gays mais bien des attentes de Têtu. Nous gardons également en mémoire le triste éditorial intitulé « Stigmatiser ? Pourquoi pas ? » et contre lequel nous avions été les seuls à protester à l’époque (voir ici). Un vent mauvais enfle et souffle sur Têtu.

Cet article sort alors qu’une plainte oppose pour la première fois des homosexuels sur la question de la transmission du VIH. Jusqu’à maintenant les procès mettaient en cause la transmission dans des relations hétérosexuelles. Un tel article consiste à jeter de l’huile sur le feu alors que nous avons besoin avant tout de sortir des phantasmes dans un contexte où la discrimination contre les personnes séropositives est en augmentation.
Il est encore temps de réagir face à cette offensive délétère. Même si l’on se dit « à quoi bon ? » il est important de faire connaître notre désaccord au magazine en envoyant un courrier, ou un mail disant que nous désapprouvons de tels propos.

Si vous décidez de ne plus acheter Têtu, ne passez pas votre désaccord sous silence. Envoyez plutôt un courrier disant que votre décision de vous désabonner ou de ne plus acheter Têtu est due à la position du magazine sur la « contamination volontaire ».

A Warning nous sommes décidés à ne pas laisser Têtu poursuivre sa campagne indigne sans réaction.

Commentaires

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lundi 27 août 2007 à 12h28 – par  Courageux anonyme…

A warning, vous êtes liés avec pref mag donc vous n’êtes ni neutre ni impartial dans vos critiques sur Têtu.

 

mardi 28 août 2007 à 10h47

Quel est l’avis de Warning sur la contamination volontaire ? Que faire des personnes qui ont sciemment infecté leur(s) partenaire(s) ? Avant de demander le désabonnement à Têtu, donnez-nous votre point de vue clairement !

 

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mardi 28 août 2007 à 18h34 – par  SB

Courageux Anonyme, vous vous méprenez. Si Warning était liée à Prefs, on parlerait plus souvent de Warning dans ce magazine, ce qui n’est pas le cas, malgré le fait qu’on les tienne informé de nos communiqués de presse comme tous les autres journaux.

 

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lundi 10 septembre 2007 à 00h34 – par  Jacques Raffaelli

Désolé mais à Pref mag (qui soit dit en passant n’est lié et ne sera jamais lié à qui que ce soit)
nous ne recevons pas les communiqués de Warning. Mais on ne demande pas mieux que de les recevoir
JR

 

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vendredi 14 septembre 2007 à 03h19 – par  SB

Ce n’est pas des médias qu’il faut attendre des réponses qualitatives et fiables, surtout sur des sujets complexes comme le VIH. En tant que pédé attendre de Têtu de quoi forger son opinion, c’est un peu comme attendre de Elle la libération des femmes. Elle n’existe que pour vendre des crèmes antirides débiles et peu ou prou c’est du temps de cerveau abrutis qu’ils vendent comme TF1. Têtu, c’est un peu la même chose, sauf que le marché n’est pas assez important pour que ce soit rentable et que […] Bergé va bientôt couper les vivres. Donc de toutes manières, on ne découvre pas leur nullité et leur rapacité.

Séropo depuis Février 2005, j’ai la chance de très bien tenir le coup pour l’instant et ceci sans traitement. J’ai aussi la chance d’avoir rencontré un séroneg ouvert, intelligent et mignon, et, non sans difficulté, nous tentons de tisser jour après jour une relation avec du sens et de l’amour.

Il est remarquable de voir comment une minorité particulièrement opprimée (nous les pédales) s’empresse de stigmatiser une minorité encore plus opprimée (les pédales séropotes par exemples ou les vieilles pédales ou les pédales pauvres ou les pédales noires ou une combinaison de différents critères d’exclusion) et n’arrive pas à se donner des objectifs ambitieux sur le plan humain comme par exemple, l’inclusion et l’intelligence.

Faut-il préférer se bercer des conneries d’un magazine de conso débile fut-il communautaire ? […]

Le concept de sérotriage ne tient évidemment pas la route : tout test disant séronégatif n’est qu’un instantané … on peut parfaitement être séronégatif et en tout début de séroconversion. Tout statut séronégatif repose sur une confiance infondée dans la permanence de l’impermanent. Le seul moyen de rester séronégatif n’est pas d’exclure les séropos mais de n’avoir que des rapports avec capote y compris pour la fellation. Le reste c’est de la danse de la pluie. Fantasmer sur le sérotriage des séropos, c’est vouloir les éliminer pour pouvoir se sucer sans capote en toute tranquilité ? Où s’enculer ? Ben alors ça veut dire que se sucer et s’enculer sans capote c’est meilleur ? Et qu’on voudrait bien qu’il n’y est pas de VIH pour pouvoir jouir plus librement ? Ben malheureusement les séropos sont là, parmi vous, souvent on ne voit rien dans leur physique qui l’indique (mon cas par exemple) et non je ne vais pas dire à un mec qui me suce sans capote : « tiens au fait, je suis séropo, si on se gachait notre plan baise en mettant une capote ? » Si ce mec veut du « sans risque », il sait très bien qu’il doit mettre une capote dans tous les types de rapport avec tous ses partenaires. Et le fait qu’en tant que séropo je n’en ai pas envie ne l’empêche pas de se trouver un autre partenaire qui accepte la capote pour une pipe. Franchement, en tant que séropo, rester séronégatif n’est plus vraiment une préoccupation pour moi. Je ne peux pas avoir peur de devenir séropo, je le suis déjà ! Et je compte bien vivre une vie agréable et intéressante, notamment sexuellement. Eh oui, je n’ai pas honte de dire que pouvoir lécher une petite goutte de sperme de ci de là, c’est bon et ce qui est encore meilleur, c’est de ne plus vivre avec l’angoisse de perdre ma séronégativité, un peu comme une jeune fille élevée par les bonnes soeurs avait peur de perdre son pucelage. Ben oui, la vie comporte des risques et exige des choix. Ne rejettons pas nos propres responsabilités individuelles sur un bouc émissaire trop facile.

Rester séronégatif est un objectif central pour vous : parfait, vous optez pour une sexualité moins satisfaisante et personne ne vous y oblige. Vous pensez pouvoir assumer d’être séropo : personne ne peut savoir à votre place si vous serez suffisament solide, au mental et au physique pour y arriver sur le long terme, pas même les médecins. Les médecins voient ça sous un angle technique, très utile du reste, mais n’apportent aucune réponse existentielle. Parlez et baisez avec vos potes séropos et vous serez moins connes.

 

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mercredi 26 septembre 2007 à 19h09 – par  CANARD

Très intéressant ces messages… Eh bien moi qui voulait m’abonner à Têtu !!! Moi qui venait de Province pour m’installer à Paris et lire ce magazine très très intra-muros… Moi petit séronégatif de province… mais que vais-je devenir sans un média GAY fort !!!

Au fait le dernier témoignage m’a réjoui et peiné à la fois… Voila un séropositif qui en ne cherchant pas à être recontacté par son plan « d’un soir / sauna » prouve qu’il n’a pas peur de l’avenir et que les histoires seropo/seroneg pourraient très bien se vivre sans peurs ni angoisses… Et ça c’est le bon côté du témoignage… Par contre, pourquoi ne pas répondre… Ce séronegatif en vaut certainement le coup… Est-ce par peur de le contaminer (malgré les protections ?). Dommage…

Bonne soirée à tous…

 

vendredi 28 septembre 2007 à 08h57

J’ai lu avec beaucoup d’attention les différents messages ; je me demande dans quelle mesure le comportement volontaire de transmission du VIH n’est pas déja juridiquement criminalisé. En effet, la mise en examen du jeune homme mis en cause dans l’affaire de draguignan démontre que l’infraction relevée contre lui était « administration de substances nuisibles ». Si je ne me trompe, il y a quelques mois, la Cour d’Appel de Colmar a confirmé en appel une condamnation prononcée en premièree instance à la peine de 6 ans d’emprisonnement contre un homme ayant eu une relation amoureuse de longue durée avec une femme à laquelle il n’a jamais avoué sa séroposité en retenant la qualification juridique de « violences volontaires aggravées »

Il me semble donc que l’état du droit ne rend pas indispensable une criminalisaton spécifique de ce comportement, puisqu’il trouve déja une qualification pénale.

Restent deux questions au niveau juridique : la première question est de savoir non si des poursuites seront initiées (elles le sont déja !) mais si elles seront plus fréquentes ; la deuxième, et elle a été relevée dans de nombreux messages, reste la démonstration du caractère volontaire de la transmission (et pas simplement celle résultant de l’ignorance, voire de la négligence).

Enfin, quelques mots beaucoup plus personnels, si effectivement les risques liés à une intensification des poursuites ont déja été souligné ici, je demeure convaincu que les comportements le plus extrêmistes (présentation d’un faux test HIV, préservatif truqué, recherche du « plombage » des autres) ne peuvent rester impunis ; ou alors la vie et la santé des autres aurait bien peu de valeur…

A.F