Warning : En quoi un projet de santé gaie global pourrait intéresser la lutte contre le VIH en France ?

Jean-Yves le Talec (Toulouse) : C’est d’abord la lutte contre le VIH et ses difficultés qui ont ravivé l’intérêt pour le concept de « santé gaie », qui avait déjà été développé sous diverses formes à partir des années 1970. Aujourd’hui, la « santé gaie » est un moyen de sortir des stricts messages de prévention du sida et d’aborder plus largement une gestion des risques qui intègre les discriminations, les modes de vie, les pratiques sexuelles et sociales.

Quels seraient les écueils et difficultés à affronter ?

On peut prévoir une opposition fondée sur des arguments universalistes. La mobilisation des associations et des pouvoirs publics autour d’un tel projet constitue donc un enjeu : les conditions politiques et économiques n’en sont pas encore réunies. Les acteurs de terrain devront aussi développer des compétences nouvelles et sans doute se réorganiser.

Santé gaie ou santé LGBT ou plus ?

La dimension genrée, c’est-à-dire ne s’adresser qu’aux hommes gais, constitue une difficulté. À terme, on peut imaginer un projet global de santé lié qui inclut les lesbiennes, les transgenres et les hommes homos et bisexuels.

Merci Jean-Yves

 

Vidéos conférence VIH et santé gaie

Jean-Yves Le Talec (Université Toulouse – Le Mirail)

Sociologue de la santé et de la sexualité au sein de l’équipe Simone SAGESSE (Savoirs, genre et rapports sociaux de sexe) – Université Toulouse Le Mirail, Jean-Yves Le Talec mène depuis plusieurs années diverses recherches relatives à la prévention VIH, notamment pour l’Agence nationale de recherche sur le sida et Sidaction. Sa dernière étude était consacrée au « Bareback et pratiques à risques chez les hommes gais ». Jean-Yves Le Talec travaille actuellement sur les normes, désirs et prises de risques chez les hommes gais.