Suite à notre article à propos de l’enquête de Dialogai sur l’homophobie, voici une entrevue complémentaire avec François Haaker-Chijner, son Secrétaire général.

Quand tu as découvert les réponses à votre questionnaire t’attendais-tu à de tels résultats ?

J’ai été attristé par ces résultats d’homophobie au quotidien. Cela atteste de l’ampleur de la tâche.

Qu’est-ce qui t’as fait réagir ?

J’ai été bouleversé par certains témoignages : pour quelques uns cette enquête leur a permis de s’exprimer pour la première fois sur les actes homophobes dont ils ont été victimes. Mais aussi l’existence d’une homophobie intériorisée énorme.

Est-ce que tu peux détailler ? Cela se manifeste comment cette homophobie
intériorisée au niveau de l’enquête ?

Elle se manifeste pour beaucoup par l’incapacité de faire son coming-out ou de dire comme justificatif :« pour vivre heureux vivons cachés, quel intérêt de dire à mon entourage que je suis homo, je ne peux pas le dire ce serait la fin de tout, etc… » Ce serait à vérifier mais je suis certain qu’on trouverait le lien entre coming-out pas fait, non-estime de soi et dépression.

J’ai également trouvé touchant ce désir de signer un contrat de partenariat, même au cas où les procédures fédérales impliqueraient une distinction entre personnes mariées et personnes partenariées. Ce qui signifie que les gays acceptent l’outing uniquement par projet sentimental. Par contre le résultat de 58% de gays et lesbiennes qui pensent être bien acceptés par la société m’a fait sourire : ce sont en fait les chiffres du vote national en faveur de la « Lpart » (loi sur le partenariat, équivalent du PaCS

L’enquête a révélé que + de 14 % des répondants ont été victimes de viol. As-tu un pourcentage précis pour les hommes et les femmes ?

Non. Mais les hommes ne sont pas moins à l’abri que les femmes.

Comment expliques-tu la renommée de Dialogai au niveau international ainsi que l’intérêt du CNS pour Dialogai ?

L’enquête de Santé gaie de Dialogai, diffusée publiquement, a permis une approche plus holistique des hommes gais et les as sortis de cette représentation que ceux-ci ne pourraient être que positifs au VIH. C’est la conjonction des 2 projets « Checkpoint » et « Etre gai ensemble » où le VIH devient une des composantes de la santé des hommes gais (et non la composante essentielle). D’autre part nous nous sommes investis dans l’ILGA et l’IDAHO sur l’homophobie. Pour terminer nous venons de participer à l’ UNGASS à New-York du 31 mai au 2 juin, validé par l’AG de l’ONU du 27 mars au regard de la pertinence des projets de Dialogai en matière de VIH/sida et santé gaie. En ce qui concerne Le Conseil national du sida, celui-ci est en train de préparer un rapport sur le dépistage et le conseil autour du dépistage. Le CNS souhaite donc nous entendre sur l’expérience du Checkpoint.