raduction libre d’après Rectal Micro IRMA :

San Fransisco, 12 septembre 2012,

Une nouvelle étude d’une équipe internationale d’experts sur le VIH-sida (Université du Colorado), parue en ligne dans le Science Translational Medicine, a confirmé l’efficacité de Truvada, le premier et le seul médicament approuvé par la FDA pour la prévention du VIH (PrEP). La recherche fournit, à partir des résultats d’iPrEx, la première estimation précise des niveaux idéaux de concentration de l’antirétroviral nécessaires pour réduire sensiblement les risques d’infections par le VIH. Cela ouvre la porte à de nouvelles stratégies de dosage.

« Après l’étude initiale iPrEx, il était à craindre que l’effet protecteur de Truvada demeure fragile, et que les personnes qui prennent ce médicament se doivent d’observer parfaitement le traitement (une pilule par jour) pour que cela fonctionne », déclare le Dr Grant, qui est également professeur à l’Université de Californie à San Francisco (UCSF), avec laquelle Gladstone est affilié. « Cette nouvelle étude montre que le Truvada bloque le virus même si la personne ne s’y conforme pas à la perfection. »

L’observance parfaite aux traitements médicamenteux est en général difficile à accomplir pour les gens. Mais découvrir si les patients sont observants est aussi un défi : ils ont tendance à surévaluer leur observance parce qu’ils pensent que c’est ce que les cliniciens veulent entendre. Ainsi, l’équipe de recherche a dû trouver une meilleure façon de calculer l’efficacité de Truvada, tout en tenant compte des différents niveaux d’observance.

L’équipe a développé un essai clinique dans lequel ils ont donné des quantités différentes de PrEP (deux, quatre ou sept doses par semaine) à une cohorte de personnes. Cela s’est traduit par des concentrations de médicament dans le sang différentes, tirées de chaque participant, imitant ainsi les différents niveaux d’observance. Ils ont ensuite comparé les concentrations de médicament dans le sang de ces participants aux concentrations des participants à l’étude iPrEx afin de déterminer dans quelle mesure les participants d’iPrEx avaient observé la routine quotidienne, et comment ils ont été protégés contre le VIH à différents niveaux d’observance.

« Étonnamment, nous avons constaté que les participants d’iPrEx n’avaient ​​pas eu à observer parfaitement le traitement pour en tirer bénéfice » déclare le Dr Grant. « Même lorsque le niveau de concentration de drogue chez les participants correspond à la prise de 4 comprimés par semaine (au lieu de 7 recommandés), leur risque de contracter le VIH diminue toujours de 96%, leur offrant un niveau élevé de protection contre le virus. »

Traditionnellement, l’adhésion aux médicaments préventifs tels que Truvada a été mesurée en termes qualitatifs : « adéquate » ou « parfaite ». Mais cette étude est la première à établir un objectif, une méthode quantitative qui permet d’estimer les niveaux de concentration de drogue et corrèle ces niveaux avec l’efficience à prévenir la transmission. Ces résultats pourraient ouvrir la porte à l’exploration de moyens d’optimisation de la posologie, ce qui rendrait la PrEP moins coûteuse, plus pratique et plus adaptable aux habitudes des gens.

« En ce moment, il est important de noter que les patients doivent encore prendre une pilule par jour pour obtenir les meilleurs résultats, et nous encourageons les gens à explorer de multiples méthodes de prévention du VIH, telles que l’utilisation régulière du condom, le traitement précoce de l’infection VIH chez les partenaires, une bonne communication et la circoncision » déclare le Dr Grant. « Nous espérons que nos résultats conduisent à une utilisation plus efficace des outils de prévention pour in fine venir à bout de l’épidémie. »

 

Emtricitabine-Tenofovir Concentrations and Pre-Exposure Prophylaxis Efficacy in Men Who Have Sex with Men