Un projet de démonstration, c’est quoi ?
C’est fournir un accès à la prep à une population donnée et observer ce qui se passe. C’est donc passer d’un essai statistique d’efficacité à la vie réelle, et procurer ce nouvel outil de prévention aux personnes intéressées. Pour y faire quoi ? Par exemple, pour établir le moyen de distribution le plus approprié et plus généralement analyser les questions de faisabilité. Pour estimer les groupes de population les plus en besoin, observer les personnes qui prennent cette pilule anti-VIH, mesurer l’observance qui est un élément décisif dans l’efficacité de cet outil, et voir le niveau d’acceptabilité. Depuis que l’on sait l’efficacité de la prep, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé en 2012 la mise en place de projets de démonstration. Il en existe par exemple en Australie. iPrEx-OLE dont nous avons donné récemment les résultats en était aussi un.

« Le projet pilote d’Anvers a pour but de se concentrer spécifiquement sur les HSH et d’évaluer l’acceptabilité et les effets secondaires éventuels de la PrEP, nous dit le communiqué de l’Institut de médecine tropicale. Cette intervention a, en outre, pour ambition d’étudier l’intégration de ce traitement aux stratégies de prévention existantes. En pratique, les participants choisiront eux-mêmes de prendre le traitement préventif ou non. Les deux groupes (traités et non-traités) seront suivis régulièrement pendant 18 mois, période au cours de laquelle l’utilisation de la PrEP et l’adhérence au traitement seront discutées. Les responsables de l’étude essaieront de définir si la PrEP pourrait avoir une place dans la prévention de l’infection par le VIH chez les MSM en Flandres. Le projet durera près de trois ans. L’étude en elle-même pourrait commencer d’ici quelques mois sous réserve d’être approuvée préalablement par le comité d’éthique ».

Pour Marie Laga, professeur à l’Institut, la prep fonctionne. L’essai souhaite observer notamment comment les personnes réagissent à la prise régulière de Truvada. Elle ajoute que le plus grand défi est maintenant de savoir qui est prêt à tester le médicament. « Nous pensons en premier lieu à la communauté gay. Parce que ces personnes sont les plus à risque d’être infectées par le VIH ». De son côté, le porte-parole de l’ONG flamande SENSOA, Boris Cruysaert considère qu’il faut chercher de nouvelles méthodes pour prévenir les infections par le VIH [1]

Il n’est pas indiqué le nombre de personnes qui pourront bénéficier de la prep dans le cadre de ce projet. Le financement est assumé par l’Agence Flamande pour l’Innovation par la Science et la Technologie.

 

[1Source : Gaylive.