Des plus mauvais souvenirs de vacances, la tourista est sans doute dans le peloton de tête ! Encore appelée diarrhée du voyageur, cette gastro-entérite touche beaucoup de touristes visitant notamment les régions tropicales ou subtropicales. La tourista est d’origine infectieuse. Et son nom évoque le fait que les plus exposés sont les vacanciers provenant de pays où on peut aisément accéder à de l’eau potable. Ainsi, lorsque ces braves gens se retrouvent dans un milieu aux conditions d’hygiènes peu développées, ils deviennent très vulnérables. Ils attrapent alors facilement la dysenterie, sans les mesures de protection appropriées. D’où la nécessité de savoir de quoi il s’agit réellement. Quels sont les symptômes, les régions à risque, les causes et les facteurs de risque ? Que manger, que ne pas manger et quand consulter un médecin ? Voilà des interrogations auxquelles nous apportons des réponses précises dans cet article.

La diarrhée du voyageur, qu’est-ce que c’est ?

La diarrhée du voyageur encore appelée tourista est une diarrhée contractée lorsqu’on est en voyage. Trouble de la digestion consistant en un bouleversement de la flore intestinale, elle est courante et constitue la plupart du temps une expérience désagréable. La tourista est une infection souvent bénigne. Mais, dans les cas les plus sévères, elle conduit à une grave déshydratation. Une situation qui peut même mener à la mort, pour les personnes aux organismes les plus fragiles.

Quels sont les symptômes de la tourista ?

Vous souffrez probablement d’une tourista si vous avez des diarrhées répétées accompagnées de vomissements, de même que de fièvre et de douleurs abdominales.

Quelles sont les régions à risque ?

Certaines régions du monde exposent davantage les touristes à contracter la diarrhée du voyageur.

L’Amérique du sud et l’Asie (Inde, Pakistan et Thaïlande surtout) sont particulièrement pointées du doigt. Mais, en Afrique (notamment au Maroc, en Tunisie et au Kenya)  et dans les Caraïbes aussi, le risque est élevé. L’Europe (avec  la Turquie, la Grèce, le Portugal, l’Espagne et Malte)  n’est pas pour autant épargnée. Même si le risque y est beaucoup plus faible.

Les raisons sont de deux ordres :

  • les normes hygiéniques au moment de préparer les repas d’une part ; et,
  • la qualité de l’eau de boisson, d’autre part.

Dans presque toute l’Amérique latine, « 20 à 90% des vacanciers attrapent la diarrhée du voyageur au cours d’un séjour de 15 jours ». Cette statistique est similaire dans la plupart des pays d’Afrique, d’Asie et des Caraïbes. Et certaines régions d’Europe de l’Est ne sont pas en reste.

Le risque est plus modéré (8 à 20% des vacanciers) dans des pays et zones particuliers que sont l’Afrique du Sud ; l’Argentine ; le Chili ; le Japon ; et Israël.

En revanche, il est beaucoup plus rare d’attraper la diarrhée du voyageur en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Nouvelle Zélande.

Les causes de la diarrhée du voyageur

Les agents pathogènes les plus souvent à l’origine de la diarrhée du voyageur sont :

  • les bactéries telles qu’Escherichia coli, Campylobacter, les salmonelles et les shigelles ;
  • les virus dont surtout le rotavirus ; et,
  • les parasites comme les amibes.

La transmission est favorisée par une hygiène douteuse. Par exemple, l’emploi d’une eau non potable.

La cause la plus régulière ? Une infection bactérienne !

Le Docteur Paul Henry Consigny, de l’Institut Pasteur précise que : «la principale responsable de cette gastro-entérite est la célèbre bactérie Escherichia coli entérotoxinogène ». Cette bactérie, continue-t-il, « sécrète des toxines qui provoquent, en réaction, une sécrétion d’eau par les muqueuses. Les selles deviennent donc liquides».

De fait, les souches d’Escherichia coli sont la cause d’une diarrhée du voyageur dans 50% des cas.

En plus des autres bactéries, virus et parasites potentiellement responsables de la tourista, il faut savoir que les facteurs suivants peuvent également y mener :

  • une alimentation nouvelle ou différente de ce qu’on a habitué son organisme à prendre;
  • les modifications ou différences climatiques entre le lieu d’origine du voyageur et la région qu’il visite ;
  • une perturbation de la psyché de l’individu. Par exemple, lorsque ce dernier est confronté à un environnement stressant ou à une situation angoissante.

Quels sont les facteurs de risque ?

Au cours d’un voyage, plusieurs facteurs de risque existent, qui sont susceptibles d’exposer le touriste imprudent à la tourista. Il s’agit de :

  • manger des aliments nouveaux ou impropres à la consommation ;
  • boire de l’eau du robinet ou de l’eau non minérale ;
  • boire de boissons glacées ;
  • se servir de l’eau du robinet pour se brosser les dents ;
  • faire preuve de négligence dans son hygiène en ne se lavant pas régulièrement ou correctement les mains ;
  • se baigner dans de l’eau stagnante, donc infectée de bactéries.

Comment guérir de la tourista ?

Pour ne pas laisser la diarrhée mettre en péril vos vacances, il est important que vous disposiez d’un moyen de traitement adapté. En général, suivre un régime léger suffit à guérir de la diarrhée du voyageur. Par contre, dans certains cas spécifiques, comme nous le verrons plus bas, il ne faut pas hésiter à se rendre à l’hôpital.

En effet, le traitement de la tourista se fait par :

  • la compensation des liquides et électrolytes éliminés. En effet, quand on fait une crise de diarrhée, on perd en plus de beaucoup de liquides, des électrolytes de valeur. Et il est important de vite agir pour éviter des complications surtout chez les bébés et les personnes du troisième âge. Il faudra donc consommer suffisamment de liquide en plus de veiller à la régénération des électrolytes de l’organisme.

En ce qui concerne l’apport en électrolytes, il peut se faire par l’emploi de solutions de réhydratation. Ces solutions sont facilement trouvables dans les pharmacies ou les drogueries ;

  • l’utilisation de probiotiques médicaux. Le Bioflorin en est un exemple. Les probiotiques apportent les bactéries intestinales nécessaires à la reconstitution de la flore intestinale. Ce qui permet de remettre l’activité des intestins en état de marche et de stopper la crise diarrhéique ;
  • l’adoption d’un régime alimentaire léger et digeste. Ce point sera amplement détaillé par la suite.

Quels sont les aliments conseillés ?

Comme la diarrhée bouleverse le bon fonctionnement des intestins, la prudence doit être de mise afin d’éviter des complications. Il faut donc suivre une alimentation particulièrement prudente et adaptée.

Les aliments adaptés quand on se retrouve confronté à une diarrhée du voyageur sont :

  • le riz ;
  • les biscottes ;
  • les bananes ;
  • les pâtes ;
  • la semoule ; de même que,
  • les Carottes qu’on aura pris soin de bien cuire.

Dans l’attente d’une régularisation totale du transit intestinal, vous pouvez aussi prendre dès que vous retrouvez l’appétit :

  • des nouilles ; et,
  • des pommes de terre.

Les liquides conseillés sont :

  • le thé noir ;
  • un bouillon de légumes ;
  • des infusions sans sucre ; ou encore,
  • l’eau non gazeuse.

Quels sont les aliments à éviter ?

Les aliments à absolument éviter lorsque que vous souffrez de la tourista sont :

  • les nourritures trop grasses ;
  • les plats très épicés ou forts ;
  • le café ;
  • l’alcool ;
  • le lait et les produits dérivés (fromage, séré, etc.) ;
  • les boissons sucrées ;
  • les limonades ; et même,
  • les jus de fruits.

Les produits laitiers sont prohibés parce qu’ils sont susceptibles d’engendrer des ballonnements. Quant à l’alcool et au café, ils peuvent irriter les intestins et l’estomac.

Il faut par ailleurs éviter les boissons dont la teneur en sucre est trop élevée. Car, le surplus de sucre constitue une surcharge dont l’appareil digestif se passerait bien.

Une petite recette de grand-mère vite fait !

Cette recette très efficace se résume en vingt mots : mélanger une cuillérée à café de sel avec six cuillérées à café de sucre dans un litre d’eau potable.

Une autre solution naturelle : le thé aux myrtilles !

Le thé aux myrtilles est ce qu’on pourrait appeler la « potion magique » de celui qui souffre de la tourista. Il est utilisé en complément des produits pharmaceutiques prescrits.

Voici la dose et le processus de prise :

  • prendre deux cuillérées à soupes de feuilles de myrtilles séchées à écraser dans de l’eau bouillante. la quantité d’eau bouillante adéquate est de 150 millilitres ;
  • faire bouillir pendant une dizaine de minutes ;
  • passer enfin au filtrage ;
  • boire une tasse de thé chaud aux myrtilles à plusieurs reprises, chaque jour.

Quand consulter un médecin ?

Comme déjà précisé, il est possible de traiter la tourista et d’en guérir sans passer par la case hôpital. Seulement, certains cas particuliers nécessitent de voir un médecin.

Il s’agit de la diarrhée du voyageur chez :

  • la femme en état de grossesse ;
  • les nouveau-nés ; et,
  • les personnes âgées.

Par ailleurs, il faut consulter dans le cas d’une diarrhée du voyageur combinée à de la fièvre. Surtout si le sujet séjourne ou vient d’un séjour dans une région où sévit le paludisme.

De même, lorsqu’une semaine environ après votre retour d’un voyage, vous faites de la diarrhée, n’hésitez pas à demander l’avis d’un médecin. Il se peut bien que vous souffriez d’une infection parasitaire qui couvait depuis.

Lorsque par ailleurs, vous traitez une tourista sans sentir une amélioration à l’issue de 48 heures, vous devez consulter.

Consultez systématiquement, en cas de diarrhée du voyageur :

  • très forte ;
  • couplée à des vomissements ;
  • avec en plus des problèmes de circulation ou d’abattement ; et,
  • avec une présence dans les selles, de mucus et/ou de sang.

Comment prévenir la tourista ?

  • pour se prémunir de la diarrhée du voyageur, gardez la règle générale suivante : « Cook it, peel it or forget it »!  Cette expression anglaise veut simplement dire que : « Si vous ne pouvez pas le cuire ou, si vous ne pouvez pas l’éplucher, alors vous ne devriez pas le manger.» ;
  • ne vous approchez pas non plus de la salade, des fruits non épluchés, du poisson cru et de la viande insuffisamment cuite ;
  • vaccinez-vous contre la typhoïde avant tout voyage dans certaines régions telles que l’Afrique du Nord et l’Inde. En particulier, si vous décidez de jouer au touriste randonneur, le sac au dos, plutôt que de résider dans un hôtel. Faites-en sorte de réaliser ce vaccin deux semaines au plus tard avant de prendre la route ;
  • ne mangez que ce que votre intuition vous conseille. Et, « faites confiance à votre nez ! » ;
  • évitez de manger des crudités ou de la viande insuffisamment cuite. Car, elles sont de véritables « nids à salmonelles »;
  • l’eau du robinet peut être dans certaines régions, polluée par des gènes pathogènes. Soyez donc prudents et ne prenez que de l’eau dans son emballage d’origine ou de l’eau bouillie ;
  • pensez toujours à vous munir d’une trousse à pharmacie lorsque vous voyagez. Et dans cette trousse, vous devez nécessairement mettre des médicaments contre la diarrhée ;
  • comme la tourista est à l’origine de bouleversements radicaux du système digestif, vous devez surveiller votre alimentation en évitant notamment les aliments gras et épicés ainsi que les boissons à forte teneur en sucre.

En plus simple :

  • consommez des plats brûlants et éviter les plats froids ;
  • évitez les crudités (beurres non pasteurisés ; laitages…) ;
  • évitez les viandes hachées ;
  • ne prenez pas de la mayonnaise à base d’œuf cru ; de poissons crus ; de crustacés ou encore de fruits de mer ;
  • ne consommez pas de glaces, de glaçon ou de laits en poudre ;
  • utilisez de l’eau du robinet après l’avoir purifiée au moyen de comprimés pharmaceutiques. vous pourrez utiliser par exemple de l’hydrochlonazone, micropur, ou aquatabs;
  • prenez soin de ne pas avaler de l’eau lorsque vous vous douchez.

Quelques conseils supplémentaires !

Vous ne pourrez évidemment pas vous passer de l’eau si vous voyagez dans les pays du Sud au climat tropical ou chaud. Vous devrez même boire davantage pour étancher votre soif et compenser les pertes subies par sudation.

Voici donc quelques conseils pour rester hydrater sans courir le risque de tomber malade :

  • procurez-vous de l’eau minérale dans les supermarchés. assurez-vous surtout que les bouteilles soient scellées au moment de l’achat ;
  • si vous avez une envie irrépressible de jus de fruits, préférez le jus de noix de coco dans sa coque ;
  • veillez à ce qu’au restaurant, la bouteille de boisson que vous voulez boire soit ouverte devant vos yeux ;
  • demandez conseil en pharmacie sur les solutions de purification d’eau disponible. Et servez-vous en.

 

Appelée également turista ou diarrhée du voyageur, la tourista est le plus souvent une infection d’origine bactérienne. Elle touche les voyageurs se rendant généralement dans des pays tropicaux. Parce que malheureusement les mesures d’hygiène n’y sont pas suffisamment développées. De transmission oro-fécale, la tourista est principalement causée par Escherichia coli entérotoxinogène, l’une des sources de colibacille. Le voyageur est particulièrement exposé lorsqu’il prend de l’eau ou des aliments contaminés.

Le risque d’attraper cette infection est certes plus grand dans les régions les moins développées de la planète. Mais, même dans les pays riches, des cas sont avérés. Si des précautions ne sont pas prises en amont, il existe toujours des solutions en aval à la diarrhée du voyageur. La plus basique et plus importante étant de se réhydrater avec de l’eau potable. Ceci apportera alors à l’organisme les minéraux indispensables perdus et participera à la guérison. Enfin, retenez que dans certains cas particuliers, il faut consulter un médecin.

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